Third Eye Foundation

 

Outside the Dark Star

 

"the LITTLE LOST SOUL interview"

littlelost.jpg (15778 octets)

janvier 2000

(glo)

 

Si le terme n'était pas trop galvaudé, on parlerait d'album de la maturité, le Matt Elliott de Little Lost Soul n'ayant plus rien à voir avec celui de Ghost. L'album qui clôture une certane ère, une certaine aventure musicale, le passage du fond de l'abîme jusqu'à la lumière du jour qui baigne de pat en part cet album. Une parabole de la vie, de l'espoir et finalement un plaidoyer en faveur du ravail sur soi-même comme meilleur moteur de l'épanouissement:  

Tu as produit l’avant dernier album de Hood,  ‘Rustic Houses, Forlorn Valleys’  et tu as participé à l’enregistrement de leur dernier album, ‘The Cycle Of Days And Seasons’, est-ce que tu comptes encore collaborer avec eux dans le futur ?

 

Matt Elliott : J’ai assez peu participé à leur dernier album et je ne crois pas que je vais travailler à nouveau avec eux dans le futur. Pas parce que ce sont des gens que je n’apprécie pas, au contraire, je les aime beaucoup. Mais ça a été des moments très stressants, je me rappelle encore me jurant à moi-même de ne plus jamais travailler avec eux. Actuellement ils sont dans une pleine période de grands chambardement, Andrew, le batteur, a quitté le groupe. Hood s’est recentré sur le noyau formé par les frères Chris et Richard Adams. Peut-être que pour un mixage, un week-end, j’irais bien les aider, mais je n’entrerai plus en studio avec eux.

 

Qu’est-ce que devient Richard King (ancien responsable du label Planet où la scène post-rock de Bristol a fait ses débuts) depuis son départ de Domino ?

 

Matt : Richard King a démarré un nouveau label sur lequel il va sortir un 12 inches, il travaille maintenant à Londres chez Piao. Il semble bien et heureux. Peut-être est-ce que son nouveau label redonnera quelque chose de similaire à Planet. La difficulté maintenant est qu’il va commencer par sortit sa propre musique. Au sein de Planet, il pouvait mettre toute son énergie car c’était la musique d’autres personnes. C’est toujours plus difficile de défendre et vendre sa propre musique. Planet était un grand label pour l’attitude.

 

Que deviennent Crescent et Movietone ?

 

Matt : Matt Jones (Crescent) travaille sur de nouvelles compositions maintenant,  Movietone fait de même, ce qui ne leur était plus arrivé depuis deux ans, mais ils ne semblent pas vraiment savoir ce qu’il veulent ni vers où ils veulent aller. Pour enregistrer leur nouvel album, je leur avais conseillé d’aller à Leeds dans le studio que Hood utilise, mais ils ne m’ont pas écouté. Ils ont préféré aller dans un studio à Bristol où ils ont enregistré leurs compositions. Ils ont voulu ensuite mixer ça chez eux. Le problème est que c’était enregistré en dolby et que pour le mixer il n’avaient pas de Dolby. Ils ont perdu plein, plein de temps avec cette histoire, l’album était censé sortir en octobre 1999, mais ça m’étonnerait qu’il puissent le terminer avant mai juin 2000. Ils restent actifs mais n’évoluent pas vraiment, ils ne m’ont pas laissé écouter leurs enregistrements, mais je les ai vu jouer live récemment et ils jouaient certaines de leurs nouvelles chansons qui pour moi sonnaient exactement comme les anciennes. Je crois que Movietone aurait pu de venir un groupe important s’ils avaient gardé l’énergie qu’ils avaient au départ, le regard neuf qu’ils avaient par rapport aux techniques d’enregistrement

 

Que penses tu de l’avenir de Domino (qui va être racheté par une major) ?

 

Matt : C’est difficile à dire, Domino peut continuer comme il l’a toujours fait, il peut gagner en importance ou se perdre complètement. Quoiqu’il arrive je ne serais pas étonné.  Personnellement, je ne sais pas si je vais encore sortir des disques sur Domino . Je n’ai aucun problème personnel avec eux, mais mon contrat est fini maintenant.  Il se peut que je reste s’ils me proposent un nouveau contrat intéressant et raisonnable parce que je sais le travail qu’ils font et que le rapport de confiance est établi. Tout ce qu’il y a c’est que je peut pas supporter les deux nouveaux groupes signés sur Domino. Clinic et Woodbine font de la merde. Ca m’embarrasse vraiment d’être sur le même label qu’eux, j’en ai honte.

 

De quoi vis-tu ?

 

Matt : J’essaie de vivre de ma musique, je travaille également chez un disquaire pour payer mon loyer. Mais ça va se terminer car le magasin met la clé sous la paillasson. A ce point de ma vie, je suis dans une situation tout à fait curieuse parce que je n’ai pas d’argent de réserve, plus de travail et plus de contrat avec une maison de disques. Ces dernières années j’ai toujours travaillé dans un magasin de disques, je suis totalement non qualifié… Je vais devoir trouver un emploi… Malgré tout, je suis content d’être encore là, d’être encore en vie après être passé par tout ce que j’ai vécu. 

 

Quel traitement applique tu aux voix « empruntées » sur ton album ? 

 

Matt : Je les rend personnelles en les transformant. Quand quelqu’un écoute un de mes disques,  il ne sait pas d’où viennent ces voix. Ils sait que ce n’est pas moi qui chante, je déteste le faire et je ne sais pas le faire. Ma démarche est de rendre ces voix aussi angéliques que possible. Je me dis qu’un ange doit chanter mieux qu’un humain, c’est ce que j’essaie de faire. Je récupère ces voix d’un peu partout mais autant que possible pas de l’endroit où on suppose que je les emprunterais, pas de disques d’opéra par exemple. Il y en a bien une paire qui en sont issus, mais la plupart des voix viennent de disques easy-listening.  Je ne crois pas que déformer les voix en retire l’émotion, je crois que l’on peut entendre l’émotion   de la voix de toute façon. Pour moi, c’est la même qualité d’émotion que l’on accélère ou ralentisse la voix. D’une certain point de vue, la transformation ajoute un côté intemporel.

 

Comment vois-tu ton nouvel album par rapport au précédant ?

 

Mat :  J’aime « You Guys Kill Me » mais ce n’est pas vraiment moi, ça ne me représente pas, c’est assez extérieur, le nouvel album est beaucoup plus proche de mon âme. Le thème moteur de ‘Little Lost Soul’ est l’idée de la vie après la mort. C’est mon idée de ce qui suivrait la vie. Je ne crois pas aux concepts de paradis et d’enfer, mais je suis persuadé que quelque chose d’étrange se passe au moment de la mort. J’ai envie que les voix sonnent comme des échos angéliques de l’après-vie, c’est l’idée d’une existence post-mortem.

 

Ta musique n’est pas vraiment à propos de la réalité c’est à propos de quelque chose plus important que la réalité ?

 

Matt : Nous sommes entourés par la réalité partout et ça m’ennuie complètement.

 

D’où vient la voix de Lost ?

 

Matt : Je ne peut pas le dire car je risque de gros problèmes… C’est une chanteurs très connue mais la chanson dont est extrait ce passage est virtuellement inconnue.

 

Est-ce que tu crois qu’un jour tu utiliseras des musiciens live comme membres de TEF ?

 

Matt : Non, je ne crois pas. A moins que quelqu’un me propose de jouer à la télé avec un cachet intéressant alors je serais peut-être enclin à utiliser des sections de cordes. Mais organiser une tournée serait impossible.

 

Quel genre de musique écoutes-tu ces jours-ci ?

 

Matt : actuellement, principalement du funk et du rock steady, un peu de musique classique, un peu de jazz.

 

Les rythmes semblent avoir moins d’importance aujourd’hui dans ta musique?

 

Matt : Oui, dans ‘You Guys Kill Me’, les rythmes étaient très importants, sur ce dernier ils ne le sont tout simplement pas. L’atmosphère est beaucoup plus importante sur ‘Little Lost Soul’  car je considère que c’est ce qui est important aujourd’hui. Les émotions et les sensations de la musique plutôt que les timings.

 

Comment considères tu ‘Little Lost Soul’ face au reste de ta discographie et quel était ton but avec ce disque ?

 

Matt : Je crois que c’est un disque qui termine une ère. Je ne sais pas si je vais poursuivre avec Third Eye Foundation, même pas si je vais continuer à faire de la musique.   Je dois changer de nom de projet ou peut-être faire quelque chose sous mon propre nom. Je voulais ce disque comme un point final, j’ai clôturé quelque chose avec ce disque et pour faire autre chose il faut aller voir autre part. C’est la fin du contrat, quand j’ai choisi le nom Third Eye Foundation, c’était il y a cinq ans. J’ai changé complètement depuis.  Je crois que j’ai accompli quelque chose et c’est pourquoi je suis très satisfait de ce disque. Il y a six mois qu’il est terminé et j’en suis toujours autant satisfait. ‘Lost’ est par exemple exactement la chanson que je voulais arriver un jour à faire, il y a sept huit ans, quand j’ai commencé à faire de la musique sérieusement.

 

Pourquoi est-ce que tu utilises une guitare et un piano sur ce disque, est-ce que tu crois que dans ton futur musical tu vas continuer à les utiliser ?

 

Matt : Je le pense, j’étais très anti-guitare car je croyais que tout avait été fait et dit… Mais si tu l’utilises en conjonction avec d’autre choses cela peut apporter énormément. Par exemple, j’aime beaucoup Wil Oldham même s’il utilise la guitare de façon très traditionnelle. La guitare que j’utilise, je l’avais acheté lorsque je jouais dans Movietone. Je crois que je vais la réutiliser dans le futur ainsi que des parties de piano parce que j’aime beaucoup le son et l’émotion que ces instruments peuvent dégager.

 

Ton dernier disque à un feeling plus folk que ton album précédent qui étais plus pop, le travail sur l’espace y est plus important, comment expliques tu cela ?

 

Matt : ‘You Guys Kill Me’ était ma tentative de réalisation d’un disque hip-hop. C’était aussi du au fait que j’avais acheté de nouveaux équipements et j’avais envie de les utiliser, j’en étais plus dépendant. Pour ‘Little Lost Soul’, je suis plutôt parti sur des choix personnels que j’ai poussés à leurs dernières limites plutôt que sur les possibilités du matériel. Cet album dépend plus de ma personnalité. De ce fait, je crois que ‘Little Lost Soul’ est un meilleur album que ‘You Guys Kill Me’. Ce qui est crucial pour moi c’est que ce sont deux albums complètement différents. Si tu prend Flying Saucer Attack par exemple, ils ont sorti cinq albums qui sonnent absolument identiquement, à part qu’il y a une drum-machine dessus sur le dernier ! C’est quelque chose que je ne veux définitivement pas faire, ce serait une raison suffisante d’abandonner la musique que cette sensation de me répéter. Je n’ai pas envie de refaire ‘Little Lost Soul’ par exemple, j’ai envie maintenant de faire quelque chose de complètement différent. 

 

Quel est l’influence de ton passé de musicien sur ta musique plus ‘électronique’ ?

 

Matt : J’ai appris beaucoup à propos de la musique en jouant dans des groupes rock de la guitare ou de la batterie, en enregistrant sur un quatre pistes en enregistrant dans un vrai studio. J’ai beaucoup profité de ma connaissance des gammes et des possibilités offertes pas les mélodies, quelque chose qui manque beaucoup dans la musique électronique. Ma musique est construite dans une perspective de musicien et pas seulement dans une perspective électronique.  La musique électronique utilise la technologie comme un moyen, on peut ainsi produire un disque house en suivant certaines recettes, ça ne m’intéresse pas du tout. Avec un sampler par exemple cela devient très facile de faire de la drum’n bass ou de la merde. Mais ça permet aussi, ce qui est plus intéressant, de faire une musique traditionnelle avec des options supplémentaires. Je ne pars pas avec l’idée de faire un bon disque d’électronique mais avec l’intention de faire un bond disque tout court.  Travailler avec Hood m’a fortement influencé, peut-être dans le choix de l’utilisation d’instruments plus traditionnels, le vibraphone au début du premier morceau vient d’une idée écartée pour le disque de Hood. Fœehn m’a beaucoup influencé, ce qu’elle compose est très intéressant, c’est une femme et donc son approche de la technologie est complètement différente. 

 

Ton public est essentiellement post-rock ?

 

Matt : La grosse majorité des gens qui écoutent mes disques, sont des gens qui écoutent du post-rock. Je crois que les gens qui écoutent strictement de la musique électronique ont un esprit très étroit, focalisé ‘dance’. Les gens qui s’intéressent à ce que je fais sont donc surtout des gens qui s’intéressent à la fois au post-rock et à la musique électronique. Aucune publication strictement ‘dance music’ ne parlera donc de ma musique positivement, car ce sera du rock pour eux. Pour moi les gens qui se contentent d’écouter de la musique électronique sont les gens les plus chiants qui existent au monde. Les gens qui ont plus de choses à dire, qui sont plus émotionnels, utilisent la musique comme une façon d’exprimer la vie plutôt que comme une simple exhibition.

 

Comment vois-tu ‘Ghost’ aujourd’hui ?

 

Matt : Je n’ai jamais écouté ‘Ghost’ depuis que j’ai terminé ‘You Guys Kill Me’, je ne peux pas supporter ce disque, il sonne horriblement, pour moi c’est seulement à moitié terminé, ça sonne comme une démo… Je suis toujours embarrassé par ce disque mais de la même façon, ça semble être celui que tout le monde préfère, celui qui revient tout le temps quand je parle à des gens… Je ne peut le comprendre. 

 

Le titre de l’album ‘Little Lost Soul’ sonne comme désenchanté ?

 

Matt : Probablement parce qu’au moment où j’ai choisi le titre je devais être un petit peu désenchanté, cela fait référence à l’après vie, c’est juste une idée des âmes de toutes les personnes disparues récemment qui s’envolent,  doucement en voyant leurs familles, ce(ux) qu’elles laissent derrière eux, tous les aspects de la vie.

 

Comment a changé ta vie depuis le disque précédant si on se réfère à l’ambiance du disque on dirait qu’il y a plus de soleil dans ta vie ?

 

Matt : Je le pense aussi, je crois que ‘Little Lost Soul‘ est le disque le plus dépressif que je n’ai jamais fait, mais au moment où je l’ai fait, je n’avais jamais été si heureux de ma vie. J’ai une copine très agréable, je suis heureux dans une meilleure situation. ‘Ghost’ en comparaison était le plus mauvais moment de ma vie.

 

J’ai l’impression dans ce disque que tu regardes vers le futur , que tu as moins de problèmes à régler sur l’instant et plus de temps pour penser à un futur à élaborer pacifiquement.

 

Matt : Je pense que c’est vrai, je suis actuellement occupé à penser au futur, ce que je n’avais jamais fait auparavant, j’ai toujours été persuadé que je mourrais avant 25 ans et j’en ai passé 26 maintenant. J’ai envie de fonder une famille dans les années qui viennent. Je n’ai pas envie de trop planifier par peur d’être déçu.

 

‘Little Lost Soul’ sonne moins religieux et plus intime…

 

Matt : C’était mon but, je trouvais désagréable toutes les discussions et questions religieuses après ‘You Guys Kill Me’. ‘Es-tu religieux ?’ ‘Es-tu chrétien ?’ C’était exactement mon intention , je suis content que tu me dises cela car c’était exactement mon intention.

 

Il y a moins d’humour dans les titres de ‘Little Lost Soul’ que dans les titres des morceaux de ‘You Guys Kill Me’, est-ce que la raison est que ce disque est plus crucial pour toi ?

 

Matt : Oui définitivement, ce disque est plus important, mais il y a aussi que pour ‘You Guys Kill Me’, l’élaboration des morceaux et le choix des titres s’est fait sur une période beaucoup plus longue, un an et demi, pour le dernier album, j’ai été tellement préoccupé par l’enregistrement que j’ai eu beaucoup moins de temps pour penser aux titres, je les ai choisi en un semaine.

 

Quel est le sens du titre ’Are you still a cliche’ ?

 

Matt : C’est une longue histoire compliquée, c’est un type qui est un vrai cliché vivant, un hippie, ce n’est pas un ami à moi, c’est un ami de mes amis… Chaque fois qu’il débarque il est vraiment pathétique, je crois que je suis passé par une période similaire à cela, mais j’ai rapidement évolué, lui est resté… un cliché.

 

‘Little Lost Soul’, ‘Lost’, ‘I’ve Lost That Loving Feline’, quel est ce sentiment de perte?

 

Matt : L’album est dédicacé à mon fantastique chat qui est mort. Ca peut sembler ridicule mais la mort de ce chat m’a beaucoup plus bouleversé que la mort de n’importe qui d’autre jusqu’ici, le relationnel que j’avais avec ce chat était quelque chose que je ne peut avoir avec des humains, pare qu’il n’y a pas de conversation avec un chat, c’était des relations plus corporelles, moi vis-à-vis de lui en tant qu’humain et lui vis-à-vis de moi en tant que chat. Je l’ai connu pendant neuf ans, j’ai appris par un coup de fil de ma sœur sa mort. Je n’ai pas pu le supporter et pensant une semaine, j’ai pleuré régulièrement en pensant que je ne le reverrais plus jamais. Ca peut paraître stupide car les gens ne se mettent dans des états pareils que lorsque leur mère ou un de leurs amis meurt… C’était le première fois de ma vie que je ressentais quelque chose de semblable, ce refus classique d’accepter la réalité. C’est une expérience qui m’a fait beaucoup penser, réfléchir à la mort, ça m’a fait réaliser que ce qui est le plus important dans la vie est de laisser une trace derrière soi. La vie est un processus de perte, toute ta vie tu es perdu, tu perds, tu ne possède rien définitivement. Je suis une personne très morbide,

 

Est-ce que tu penses que tu es plus humain maintenant que jamais auparavant ?

 

Matt : Je le pense, avant je n’étais pas du tout humain, j’étais complètement insensible, personne ne pouvait me toucher, personne ne pouvait faire quelque chose qui puisse m’affecter, mais maintenant, le fait d’être plus vieux, le fait   d’avoir été dans différentes situations, avoir eu certaines relations… En devenant plus vieux, les notions de confiance et de stabilité prennent plus d’importance. Tout ça m’a rendu plus humain, plus lumineux, capable d’aimer plus, je suis maintenant plus humain que je ne l’ai jamais été. Avant je n’avais pas l’impression d’être un humain, pas l’impression d’appartenir à la même espèce, l’impression d’être dans le mauvais corps, maintenant je me sens profondément humain.

 

Est-ce que tu différencie la nostalgie de la mélancolie dans ta musique ?

 

Matt : Je le pense,  ma musique n’est pas très nostalgique, quoique je suis une personne très nostalgique, mais la mélancolie est plus importante, c’est un sentiment qui m’affecte beaucoup depuis que je suis très jeune,  c’est l’émotion que je peut vraiment expliquer et avec laquelle je vais passer toute ma vie, c’est clair. C’est donc quelque chose que je peut exprimer facilement dans ma musique, plus que la joie.

 

Il y a beaucoup d’objet religieux sur les pochettes de tes disques, est-ce qu’à l’endroit où tu vis tu as aussi ce type d’objets ?

 

Matt : Oui, j’aime l’art religieux que je trouve amusant d’une certaine façon et réconfortant d’une autre façon. J’ai grandi dans un milieu religieux, une des premières choses dont je peux me rappeler est d’aller à l’Eglise. J’ai rejeté tout ça vers quinze ans en grande partie à cause du complexe de culpabilité qui est imposé et que je n’ai pas supporté et pas accepté. J’ai détesté la religion pour ça. Maintenant je trouve l’idée de religion tout à fait fascinante mais pas une religion en particulier. Les images religieuses sont généralement belles parce qu’elles sont  faites par des gens qui essaient d’exprimer la beauté de dieu.

 

Est-ce qu’il y a une relation entre ton éthique personnelle et la religion ?

 

Matt : Oui je le pense, parce que les bases d’une religion sont toujours le respect de l’autre. Il y a tant de misère dans le monde et je souhaite que les gens deviennent plus pacifistes… C’est cliché mais la religion est un moyen pour moi, j’essaie d’être aussi bien en tant que personne que je le puis, mais je ne peut pas en parler, c’est à mes amis et à ma copine de leur dire si je fais les choses bien…

 

Est-ce que tu crois en Dieu ou en quelque chose ?

 

Matt : Je crois complètement en dieu mais d’une autre façon que tout les monde, c’est une chose très personnelle pour moi et il m’est difficile d’en parler, je crois et je ne crois pas… il y a une grande possibilité qu’il y ait quelque chose, mais je ne crois pas qu’on puisse vraiment le comprendre, personne ne peut comprendre cela tout à fait, on peut seulement avoir une relation personnelle avec la musique, je n’aime pas les organisations religieuses, je suis quelqu’un qui a l’esprit très ouvert, j’ai vu beaucoup de chose étranges et bizarres dans ma vie…

 

Tu souhaites donc que ta musique te survive ?

 

Matt : Oui c’est ce que je veux faire, je veux laisser certaines traces de ma vie,  faire de la musique c’est un peu la même chose que laisser des enfants derrière soi. Au lieu de faire des enfants, j’essaie de faire de la musique qui va vivre à travers d’autres personnes.

 

Quel est ton futur musical ?

 

Matt : J’ai envie d’explorer des voies musicales complètement différentes, peut-être avec des vocaux féminins, mais je n’ai pas encore trouvé la bonne personne, ce pourrait être quelque chose à la façon de Tricky… Mais je ne sais pas vraiment ce que je vais faire car je me sens épuisé à ce niveau actuellement.

 

Est-ce que les aspects religieux de ta musique te permettent d’une certaine façon d’avoir un certain retrait et un point de vue asexuel ? est-ce que c’est un moyen d’introduire la grâce l’esthétique et l’aura dans ta musique ?   

 

Matt : C’est exactement et basiquement mon but. Dieu est quelque chose que l’on ne peut expliquer et c’est de cette façon que j’aborde la musique. 

 

 

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 http://www.matamore.net/annexes/inter_tef.htm#3
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